L'Interview Timbrée - 37 - Édith Chambon

Les interviews se font de plus en plus rares malheureusement. Mais à chaque fois, c'est un vrai plaisir de vous faire découvrir l'univers d'un artiste dont on adore le travail. Cette semaine, on vous fait découvrir celui d'Édith Chambon, illustratrice et dessinatrice de BD à l'univers d'une richesse éblouissante.

 

la série Safari d'Édith Chambon

 

Ton “adresse” (fictive ou réelle) telle que tu aimerais la lire au dos d’une carte postale ?

Je viens juste d’emménager à Pantin avec mon amour et sa fille, alors je ne changerais pour rien au monde ! J’aime qu’on soit maintenant 3 sur la boite aux lettres…

Eunice, Édith et Marcus
20 rue Jacquart, 93500 PANTIN

 

En vacances, pour donner des nouvelles à tes proches, t’es plutôt du genre à envoyer une carte postale ou mms ?

Carte postale, même si j’ai tendance à oublier de les écrire et de les envoyer.

 

 

Safari  01 / 03

 

Te souviens-tu d'un courrier ou d'une carte qui a marqué ta vie ?

Oui, c’était un dessin en fait, mais j’ai fait comme si c’était une lettre d’amour…

 

On a découvert ton travail à travers les planches de La maison de l’architecte polonais et de sa femme algérienne restée au pays chez Actes Sud BD. Tu peux nous parler plus en détail de ce projet ?

Ça a été pour moi un gros défi. Je n’avais jamais fait de BD auparavant, et là c’était 180 pages… Ce serait un peu compliqué à expliquer dans les détails, mais ce fut carrément initiatique. J’ai l’impression d’y avoir tout appris, bien au-delà du dessin et du travail, avec les erreurs que cela comporte. Comme une mue, il y a un avant et un après.
 

Les planches extraites de l'ouvrage d'Édith chez Actes Sud BD

 

 

Si tu pouvais voir l’univers d’un artiste en une collection de carte postale ou de timbres, qui choisirais-tu ?

J’ai beaucoup d’amis illustrateurs ou peintres dont j’adore le travail. Mais comme je ne veux pas faire de jaloux, je choisirais Jesus Cisneros que je ne connais pas en personne mais dont j’admire la créativité ! C’est à la fois pictural, figuratif sans être réaliste, je trouve ça très riche d’influences diverses et assez personnel.

 

Si tu devais entretenir une relation épistolaire avec une idole, ce serait qui ?

Virginie Despentes, pour ses positions féministes, son attitude punk et son amour des marginaux.

 

 

 

Safari  02 / 03

 

 

Ton plus beau souvenir de voyage ?

Question très difficile ! Tellement de beaux souvenirs de voyages… Peut-être les paysages Péruviens, parce que c’était somptueux, parce que j’avais 20 ans et parce que c’était mon premier grand voyage loin. Mon premier voyage d’adulte.

 

La destination, réelle ou fictive, pour ton prochain voyage ?  

Ce sera sûrement en Allemagne, pour voir de la famille et des amis, mais si je pouvais, j’aimerais retourner au Népal. Voir la montagne et manger des momos*.

* raviolis typiques du Tibet.
 

Le travail d'Édith traverse plusieurs médiums

 

Tu travailles notamment au crayon de couleurs, à la gouache, au feutre, etc. Peux-tu nous parler de ton process de travail ? 

J’aborde les choses différemment si c’est pour une commande, pour de l’argent, ou si c’est pour un projet personnel.

J’essaye toujours de coller aux attentes de l’éditeur ou du client… Mais pour La maison de l’architecte (…), j’ai du réapprendre à être spontanée. C’était vraiment salutaire pour moi de me reconnecter au plaisir du dessin et de la prise de risque.

Pour L’Autel des mariages, j’essaie donc de rester libre, de m’accrocher à mes intuitions, malgré les pressions éditoriales.

Plus généralement, me confronter régulièrement à de nouvelles techniques (ordinateur, feutres, crayons de couleur, mine de plomb…) est une façon pour moi de rester créative, de ne pas m’enfermer dans la facilité et d’être toujours surprise par un accident. C’est aussi pour garder une certaine adrénaline face à la feuille, nécessaire à mon avis à l’émergence de quelque chose de plus grand que soi.

 

Quelle est la chose la plus timbrée que tu aies faite ?

J’ai fait un saut pendulaire du pont de Millau, en pleine nuit, alors qu’il était encore en travaux, avec une bande de grimpeurs… 3h du matin, 130m de haut, 70m de corde et des bières. J’avais 18 ans et depuis, j’ai le vertige !


* C'est bon, tu as battu Amaël et son renard !

 

Safari  03 / 03

 

Parle nous de la série de timbres que tu as imaginée ?

En ce moment je fais des recherches à la mine de plomb, car j’aimerais développer une technique en noir et blanc qui me convienne, plus rough et en nuances de gris. Et puis, j’ai fait ce tigre, dont j’étais bien contente. Alors je me suis dit que les timbres étaient une occasion d’évoluer dans ce sens… Et le petit côté safari me paraissait une bonne invitation au voyage, assez exotique.

 

Des nouveautés pour bientôt, une actualité dont tu voudrais parler ?

Je travaille depuis longtemps sur L’Autel des mariages, un roman graphique que je souhaite très foisonnant visuellement, où j’essaie d’emmener le lecteur dans une réflexion sur les enjeux sociaux et familiaux dans le couple.

Il y a eu cependant depuis le début beaucoup d’embuches… C’est un peu mon Don Quichotte. D’abord une bourse du CNL, ensuite un abandon d’éditeur pour un autre, qui sera ensuite licencié, puis deux propositions de contrat de deux autres maisons, qui aboutiront sur une signature avec un nouvel éditeur, pour finalement retourner à l’indépendance totale… avancer libre et advienne que pourra ! J’ai hâte.

 

la série Safari au grand complet

 

Retrouvez le travail d'Édith sur son portfolio ou sur Instagram.

 


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